Subventions à la presse en ligne : trahison ou opportunité?

Alors que l’état de la presse écrite n’a cessé de s’aggraver, en Europe, ou aux Etats-Unis, l’annonce du versement de subventions gouvernementales à la presse en ligne a déchainé les passions sur internet…

Accepter l’aide du gouvernement, est-ce compromettre son indépendance? Les critiques sont venues d’une partie de la blogosphère, et notamment du blog de Vogelsong, qui parle sur un ton très « Tous pourris! » de « mise sous respiration artificielle » de la presse en ligne! Mais quelle presse en ligne, au fait? Arrêt sur images, par exemple, a refusé de toucher une aide de l’État. Les principaux accusés, ce sont ici Rue89, Mediapart et Slate.fr, qui toucheraient respectivement les sommes de 249 000, 200 000 et 199 000 euros cette année (à confirmer dans le courant du mois)… Contrairement à la presse traditionnelle, qui a toujours refusée de communiquer le montant des aides allouées, les sites de presse indépendants ont, eux, décidé de jouer la carte de la transparence.

Mais il est vrai que le contexte politique prête à une certaine suspicion…   “Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits eux, ont une morale.”  aurait déclaré Nicolas Sarkozy en 2009, d’après le Canard Enchaîné. Des propos non-démentis à ce jour… Ajoutons à cela la nomination par l’Elysée du président de France Television, et on obtient des arguments en or pour ouvrir la porte à toutes les inquiétudes possibles.

Cela étant dit, posons les choses différemment. Les journaux traditionnels reçoivent tous des subventions, sont-ils pour autant assujettis au pouvoir? Comme le note Pierre Chappaz sur son blog, L’Humanité en reçoit également. peut-on les accuser d’être un soutien à Sarkozy? « L’Etat, ce n’est pas Sarkozy, c’est la présence publique garante du pluralisme au moment d’une nouvelle révolution industrielle »,  faisait remarquer dans Libération Edwy Plenel, ancien du Monde et fondateur de Mediapart.

Et même si les subventions peuvent entraîner les sites dans un cercle vicieux, du point de vue de leur modèle économique encore balbutiant, n’est-ce pas un signe de considération qui leur est envoyé? A l’heure où les sites de presse indépendants doivent lutter contre la concurrence des « géants », qui gagnent du terrain sur le numérique, notamment via les applications I-phone, l’établissement d’une information indépendante de qualité reconnue comme telle n’est-elle pas à prendre comme une chance, et non pas comme une menace? Dans son émission « Tous azimuts » sur France Inter, Nicolas Demorand pose même un nouvel enjeu sur la table : « N’est-ce pas une logique très ancienne de privilégier ainsi des professionnels classiques alors qu’internet fait exploser le cadre même de l’info à l’ancienne? » (à écouter ici) Voilà peut-être ce qui a véritablement touché le nerf des blogueurs?

Le débat reste ouvert, pour ou contre, n’hésitez pas à aller consulter ce pearltree pour vous forger une opinion par vous même!

Décembre 2009, aides à la presse en ligne, par Moktarama : http://pear.ly/g-Xf

Clem.

(image: Mediathèque de Cambrais)

Publicités

Une réponse à “Subventions à la presse en ligne : trahison ou opportunité?

  1. Pingback: Le modèle du gratuit sur le net, entre intentions et usages « Kapecom

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s