Des villes numériques 1/2

Avec l’expansion d’internet, la communication des territoires et des collectivités se repense. Comment intégrer les nouvelles technologies dans l’amélioration des services de « vivre ensemble », pour tous?

Les collectivités passent au digital

Les marques ont aujourd’hui durablement investi la toile. Spécialement depuis la démocratisation du haut-débit et l’arrivée du web 2.0, le credo de tous les annonceurs est petit à petit devenu « In WWW we trust »… Les investissements internet sont devenus énormes, et ce nouveau média est de plus en plus souvent au cœur même du dispositif publicitaire (comme par exemple la stratégie Drive-to-web imaginée par l’Armée de Terre et TBWA\corporate, que vous voyez se déployer dans toutes les villes depuis quelques semaines). Le 2.0 est utilisé pour faire de la promotion mais aussi en interne au sein de grande entreprise afin de créer une cohésion sociale plus grande. Soit en s’insérant sur des réseau sociaux existant et en créant un groupe ouvert aux salariés, soit en développant leur propre réseau social au sein de l’entreprise.

Et les collectivités territoriales dans tout ça? Celles-ci doivent non seulement communiquer avec leurs administrés, mais également faire communiquer leurs habitant entre-eux… Etonnant, dans ce contexte, qu’elles ne se soient pas saisi plus tôt des possibilités de connexion et d’échange d’informations qu’offre le net. Mais l’arrivée conjointe des smartphones, des netbooks et des objets communiquant entre-eux via internet a démultiplié les points de contact avec le net, et ainsi les possibilités offertes aux villes pour échanger avec leurs habitants. « En 2010, nous allons franchir une étape, et faire de Bordeaux une cité digitale« , affirme Alain Juppé, qui présente ce-mois-ci son projet de « cité digitale ». Même son de cloche à Paris, avec l’ouverture du site participatif  « Paris métropole« !

Kapecom a décidé de s’intéresser à un de ces projets de découverte et d’exploitation du territoire numérique. Notre lectorat étant plutôt concentré sur la région bordelaise, ce projet a immédiatement retenu notre attention. Le Grand Projet des Villes est un vaste chantier d’aménagement du territoire et des services regroupant quatre communes limitrophes de la rive droite de Bordeaux(Bassens, Floirac, Cenon, Lormont).  A l’intérieur du GPV vient donc s’inscrire le projet « Co-construire la Rive Droite numérique », en partenariat avec la FING, Aquitaine Europe Communication, la 27 Région et les laboratoires MICA et ADES de l’université Bordeaux 3. Ce projet, soutenu par l’Union Européenne et le Conseil Régional d’Aquitaine, a pour but de réfléchir aux usages et aux services urbains de demain, et à la façon dont la ville et ses utilisateurs pourront se saisir des dynamiques numériques au jour le jour. Le projet aboutira à la réalisation d’une « plate-forme d’innovation numérique et sociale (PINS)« , dont le but sera de faciliter la rencontre avec les différents acteurs de la ville (associations, usagers, employeurs…), la communication transversale et la co-création de services. Cette plate-forme doit être utilisé et doit apporter des résultats satisfaisants. Pour cela, elle devait être conçue, en partie, par ses futurs utilisateurs (acteurs publics, médias, entreprises spécialisées …).


Le diagnostic de l’équipement et des usages

En premier lieu, il a fallu analyser et comprendre les pratiques des usagers vis à vis des outils numériques. Un diagnostic approfondi du territoire locale (Rive droite – GPV) a été réalisé, via une enquête sur le taux d’équipement des agents économiques (ménages, entreprises, collectivités etc …).

Bien que le GPV soit légèrement en retard sur le reste de la région Aquitaine (33% des habitants ne sont pas internautes), on constate que les usages sociaux du web sont très présents de ce côté de la Garonne: par exemple, 47% des internautes utilisent un site communautaire, de type facebook. La plateforme d’innovation se servant des codes 2.0, c’est un signe encourageant pour le projet. Autre facteur à prendre en compte, le taux d’équipement de smartphones:  ¼ des habitants en sont équipés. Ce chiffre devient plus impressionnant si l’on ne prend en compte que les 15-29 ans (½).Pour tous les analystes, cette tendance de l’internet mobile va se renforcer en 2010 sur l’ensemble du territoire. Elle peut être expliquée à l’échelle du GPV par la mauvaise qualité du réseau internet dans certaines zones, ce qui pousse leurs habitants à opter pour des solutions d’accès différentes.

Vous pouvez retrouver les résultats complets ici : http://doc.openfing.org/gpv/enquete_AEC.pdf


L’empreinte de la rive droite sur Internet

En parallèle du diagnostic sur les usages, il a fallu dresser le portrait numérique de la Rive Droite, c’est à dire comprendre comment la parole de la Rive Droite est répartie sur le net, entre sites institutionnels, blogs, réseaux sociaux…

Cette étude a été réalisée par le laboratoire GRECO/MICA de l’université de Bordeaux 3. Nous avions rencontré il y a un mois Houda Benabdeljalil et Maud Bousquet, toutes deux étudiantes en Master 2 audit et conseil à l’ISIC. Elles nous avaient alors expliqué qu’une étude quantitative de l’e-reputation d’un territoire ou d’une personne était loin d’être suffisante, et qu’elle devait être obligatoirement couplée à un volet qualitatif. Ce type d’étude est encore inédit dans un territoire. Sa méthodologie va être formalisée, puis appuyée par une application informatique pour un usage semi-automatique (l’intervention humaine restant indispensable), le but étant de la rendre reproductible.

Les résultats qu’elles ont présentés ont marqué une réelle distinction en termes de communication entre le web 1.0 et 2.0. Le web 1.0 est investi par les professionnels et les institutions, avec une parole structurée et une fonction promotionnelle prédominante. Les messages émis sont conformes aux modèles de la communication publique, ils informent les visiteurs et mettent en valeur le territoire. Le web 2.0 fait au contraire la part belle à la « parole ordinaire », au « citoyen lambda ». il est très investi par la jeunesse, et les sujets qui y sont principalement discutés sont centrés sur l’émetteur, son environnement et ses hobbies. Néanmoins, si la communication est légère, elle n’est pas de nature grossière ou de dénigrement, la plupart des messages sont de nature neutre ou positive.

L’étude souligne qu’il n’existe pour l’heure que peu de ponts existent entre les « deux web », et que les institutions en particulier ne se sont pas emparées des dynamiques d’interaction offertes par le web 2.0. Autre fait notoire, la hiérarchisation de l’information appliquée par Google aux résultats de recherche tend à occulter une large partie du web, rendue invisible.

Vous trouverez le blog de l’équipe chargée de l’audit ici : http://rivedroitenumérique.wordpress.com

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